Un an après le début de son second mandat, Donald Trump fait face à une offensive politique structurée de l’opposition démocrate. Alors que les élections de mi-mandat de novembre 2026 approchent, le camp adverse tente de capitaliser sur un paradoxe flagrant : le décalage entre les promesses isolationnistes du candidat républicain et l’activisme militaire du président.
Selon les informations rapportées par notre source Al Jazeera, cette stratégie repose sur une critique acerbe de la gestion des priorités budgétaires de la Maison Blanche.
**Le retour de l’interventionnisme américain**
L’administration Trump, qui avait juré de mettre fin aux « guerres sans fin » et de privilégier l’Amérique d’abord (« America First »), multiplie les opérations extérieures. Le point d’orgue de cette projection de force a été l’enlèvement spectaculaire du président vénézuélien Nicolas Maduro, le 3 janvier dernier. Mais le théâtre des opérations est bien plus vaste.
Outre les tensions croissantes autour du Groenland, territoire autonome danois que Washington convoite, l’armée américaine a intensifié ses actions sur plusieurs continents. En 2025, des campagnes de bombardements ont été menées au Yémen, en Iran, mais aussi sur le continent africain, ciblant spécifiquement le Nigeria et la Somalie. Cette présence militaire accrue, notamment au large du Venezuela pour sécuriser les ressources pétrolières, contredit la rhétorique de paix affichée lors de la campagne présidentielle.
**L’argument du « coût de la vie » comme arme politique**
Pour les Démocrates, l’objectif est de reconquérir le Congrès en liant ces aventures militaires aux difficultés quotidiennes des Américains. Chuck Schumer, figure de proue des démocrates au Sénat, martèle que les Républicains « dépensent le trésor national et risquent des vies dans l’aventurisme militaire » au lieu de se concentrer sur la baisse des coûts pour les ménages.
Ken Martin, président du Comité national démocrate, appuie cette ligne : « Trump a promis la paix, mais a livré la guerre. Désormais, il engage les États-Unis à gérer un autre pays dans un avenir prévisible, tandis que les Américains paient la facture du changement de régime. »
**Une opinion publique sceptique**
Cette stratégie semble trouver un écho au sein de la population. Un sondage de l’Associated Press-NORC réalisé début janvier indique que 61 % des adultes américains désapprouvent la politique étrangère du président, 56 % estimant qu’il va « trop loin » dans ses interventions militaires. L’idée d’un usage de la force pour s’emparer du Groenland, évoquée par Donald Trump, ne recueille que 14 % d’approbation selon une enquête de CBS.
Pour les stratèges de l’opposition, la vulnérabilité du président réside dans son incapacité à justifier l’impact de ces conflits, du Nigeria aux Caraïbes, sur le quotidien des électeurs de l’Ohio ou d’ailleurs. Alors que l’inégalité économique continue de se creuser, le contraste entre les dépenses militaires et le pouvoir d’achat des classes moyennes devient l’angle d’attaque privilégié pour les scrutins à venir.


