Un drame ferroviaire d’une ampleur rare a frappé le sud de l’Espagne ce lundi, plongeant le pays dans la consternation. Dans la province de Cordoue, une collision impliquant deux trains à grande vitesse a mobilisé un dispositif de secours exceptionnel dans une zone difficile d’accès. Alors que les opérations d’identification sont en cours, les premières observations techniques sur les lieux de l’accident interpellent directement les autorités en charge des infrastructures.
Selon les chiffres communiqués par les autorités et relayés par Anadolu, le bilan provisoire fait état d’au moins 39 morts et 152 blessés. Le ministère espagnol de l’Intérieur précise que parmi les survivants, cinq sont dans un état critique et 24 autres, dont quatre mineurs, souffrent de blessures graves. Plus de 120 personnes ont été prises en charge pour des blessures légères ou modérées.
L’accident s’est produit vers 19h40 (heure locale) près d’Adamuz. La mécanique du drame, décrite par les autorités régionales, révèle un enchaînement catastrophique : un premier train reliant Malaga à Madrid a déraillé avant de s’engager sur une voie adjacente. Cet écart a provoqué le déraillement d’un second convoi, un train Alvia circulant de Madrid vers Huelva. La violence du choc a précipité deux wagons dans un ravin de quatre mètres, compliquant considérablement l’intervention des secours.
**Une configuration des lieux qui interroge**
Au-delà du bilan humain, c’est la configuration des lieux qui retient l’attention du gouvernement espagnol. Le ministre des Transports, Oscar Puente, a qualifié l’accident d’« extrêmement étrange ». Il a souligné un fait technique troublant : le déraillement est survenu sur une portion de voie rectiligne, qui avait fait l’objet d’une rénovation récente en mai dernier. Une commission indépendante a été mandatée pour déterminer si l’origine du drame est liée à une défaillance de l’infrastructure ou au matériel roulant.
Face à l’urgence, d’importants moyens ont été déployés, incluant des unités mobiles de soins intensifs et l’Unité militaire d’intervention d’urgence (UME). Le trafic ferroviaire entre Madrid et plusieurs grandes villes andalouses, dont Séville et Malaga, a été suspendu, entraînant l’annulation de plus de 130 trains par la Renfe.
Le Premier ministre Pedro Sanchez a immédiatement annulé son agenda officiel pour se consacrer à la gestion de cette crise. De son côté, le président français Emmanuel Macron a exprimé sa solidarité via les réseaux sociaux. Pour l’Espagne, cet événement ravive le souvenir douloureux de la catastrophe de 2013, lorsqu’un TGV reliant Madrid à la Galice avait déraillé, coûtant la vie à 79 personnes.

