
Plus d’un an après les violentes manifestations pré-électorales de 2024, l’État annonce l’ouverture d’enquêtes judiciaires. Interpellé ce lundi à l’Assemblée nationale, lors de l’examen du projet de loi portant création de l’OFNAC, le ministre de la Justice, Me Ousmane Diagne, a expliqué les raisons du délai observé avant d’engager des poursuites.
Selon le Garde des Sceaux, il était juridiquement impossible d’avancer sans attendre la décision du Conseil constitutionnel sur la loi d’amnistie, plusieurs fois révisée puis partiellement corrigée. « Il a fallu attendre la décision du Conseil constitutionnel sur la loi d’amnistie. Des enquêtes sont désormais ouvertes. Il ne faut pas céder à la précipitation au nom de la célérité : mieux vaut avancer avec rigueur afin d’éviter tout risque de vice de forme », a-t-il déclaré dans cette vidéo exploitée par Senego.
Saisi par correspondance, le procureur général près la Cour d’appel de Dakar est désormais invité à ouvrir des enquêtes sur ces événements, que le ministre n’exclut pas de qualifier de « crimes contre l’humanité ». Une précaution, dit-il, pour éviter toute annulation future des procédures.
« L’objectif final doit rester clair : que les personnes responsables de ces crimes soient inculpées, jugées, condamnées et emprisonnées », a martelé Me Diagne, en réponse à une interpellation du député Guy Marius Sagna.
Pour le ministre, la complexité du cadre légal et l’évolution rapide des textes justifient la prudence de l’État. « Les choses n’étaient pas aussi simples. Il fallait faire très attention pour ne pas violer la loi, d’autant que celle-ci a changé en l’espace de peu de temps », a-t-il insisté.
Ce pas franchi marque donc un tournant : après de longs mois d’attente et de débats sur l’amnistie, les enquêtes judiciaires sont officiellement ouvertes pour faire la lumière sur les violences pré-électorales de 2024.
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