À l’approche de l’examen d’une proposition de loi à l’Assemblée nationale française, la question du travail lors de la Fête du Travail refait surface. Alors que les parlementaires s’apprêtent à débattre de l’élargissement des dérogations pour le 1er mai, une récente enquête d’opinion met en lumière une forte adhésion de la population à cette idée, à condition que des règles strictes soient respectées.
Selon les données publiées par La Tribune Dimanche, près de 74 % des Français se disent favorables à l’ouverture des commerces de proximité le 1er mai. L’étude, réalisée par l’institut OpinionWay sur commande de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), précise les deux conditions sine qua non posées par les sondés : le travail doit reposer exclusivement sur le volontariat et faire l’objet d’une rémunération double.
L’adhésion à cette mesure, qui s’établit précisément à 73,7 %, traverse toutes les générations. L’agence de presse Anadolu rapporte que le soutien varie de 67,5 % chez les 18-24 ans à plus de 73 % pour les plus de 50 ans, atteignant même un pic de 75,4 % parmi la tranche des 25-49 ans.
Si l’opinion publique semble ouverte à un aménagement encadré, le projet se heurte à un front syndical catégorique. Une intersyndicale réunissant notamment la CFDT, la CGT et FO a formellement demandé aux députés de rejeter le texte. Dans un courrier adressé aux parlementaires, ces organisations alertent sur le risque de banalisation d’une journée historiquement dédiée au repos. Elles soulignent également que les dérogations accordées pourraient pénaliser les petits commerces indépendants au profit des grandes enseignes.
Pour rappel, le statut particulier du 1er mai trouve ses racines à la fin du XIXe siècle aux États-Unis. En 1884, les mouvements syndicaux américains avaient lancé un ultimatum de deux ans pour obtenir la journée de huit heures. Une revendication qui a abouti le 1er mai 1886 grâce à la mobilisation de près de 200 000 travailleurs, inscrivant cette date comme un repère fondamental des droits salariaux.

