Ce 30 mars marque le cinquantième anniversaire de la Journée de la Terre, ou Yom al-Ard, une date de commémoration centrale pour les Palestiniens. Alors que des marches sont prévues à travers le monde, cet anniversaire intervient dans un contexte d’accélération des saisies territoriales par l’État hébreu.
Le point de départ de cette journée remonte au 30 mars 1976. À l’époque, les forces israéliennes abattaient six Palestiniens non armés et en blessaient plus d’une centaine d’autres. Ces manifestants s’opposaient à la confiscation de 2 000 hectares de terres appartenant à des citoyens palestiniens d’Israël dans la région de Galilée. Selon les données relayées par Al Jazeera, cette superficie équivaut à environ 3 000 terrains de football. Depuis cet événement, les Palestiniens de la bande de Gaza, de Cisjordanie et de Jérusalem-Est observent cette date en plantant des oliviers et en organisant des rassemblements pour réaffirmer leur attachement à leurs terres.
Un demi-siècle plus tard, l’expansion territoriale israélienne a atteint de nouveaux seuils. Le 8 février 2026, le cabinet de sécurité israélien a approuvé une série de mesures étendant ses pouvoirs en Cisjordanie occupée, facilitant notamment la vente de terres palestiniennes aux colons. L’organisation israélienne anti-colonisation Peace Now indique que les approbations de logements ont culminé à un niveau record de 27 941 unités en 2025, contre 12 349 en 2023. Par ailleurs, en décembre de l’année dernière, 19 colonies illégales ont été officiellement régularisées par les autorités israéliennes au sein de zones palestiniennes densément peuplées.
Cette politique foncière s’accompagne d’une hausse des violences sur le terrain. Le nombre d’attaques perpétrées par des colons est passé à 1 828 en 2025, soit une moyenne de cinq incidents par jour. Les derniers chiffres des Nations Unies font état d’au moins 1 094 Palestiniens tués par les troupes et les colons israéliens en Cisjordanie depuis octobre 2023.
Au-delà de la Cisjordanie, les ambitions territoriales de certains membres du gouvernement s’étendent désormais vers le nord. Le 23 mars, le ministre israélien des Finances et chef de l’administration des colonies, Bezalel Smotrich, a publiquement appelé à l’annexion du sud du Liban. Il a exigé que la nouvelle frontière d’Israël soit fixée au fleuve Litani, un cours d’eau stratégique situé à environ 30 kilomètres de la frontière actuelle. Une déclaration qui intervient alors que plus d’un million de Libanais, soit un habitant sur cinq, ont déjà été déplacés de leurs foyers par les opérations militaires.


