153 militaires sénégalais du 5e détachement de la Mission d’appui à la stabilisation en République de Guinée-Bissau ont reçu vendredi leur drapeau à la base militaire de Thiès, alors que leur départ a été annoncé comme imminent. Ce contingent doit intervenir dans le cadre de la mission régionale de la CEDEAO, qui accompagne les forces de défense et de sécurité bissau-guinéennes dans les efforts de stabilisation, dans un contexte encore marqué par la crise politique qui a secoué le pays et poussé Dakar, en novembre 2025, à affréter un aéronef pour exfiltrer le président Umaro Sissoco Embaló vers le Sénégal.
Ce précédent éclaire la nature de l’engagement sénégalais : il ne s’agit pas d’une présence de routine, mais d’un appui régional inscrit dans la gestion d’une instabilité qui a déjà nécessité une intervention d’urgence au plus haut niveau de l’Etat bissau-guinéen. Depuis, des manœuvres diplomatiques se poursuivent aussi autour d’une sortie de crise, avec en toile de fond le plan de rapprochement préparé par le camp de l’ex-président Omar Cissokho Mballo, renversé en novembre 2025, pour organiser son retour et tenter de refermer la séquence de son exil.
Le lieutenant-colonel Boubacar Touré, qui commande ce détachement, a précisé que l’unité s’articule autour de quatre composantes : un état-major, trois sections motorisées et une section d’appui. Il a aussi signalé la présence d’un seul personnel féminin dans le contingent, le médecin du détachement, en relevant que cette configuration diffère d’autres opérations extérieures où la représentation féminine est plus importante.
La préparation a démarré le 7 avril au Centre d’entraînement tactique Capitaine Mbaye Diagne, avec des formalités administratives et médicales ainsi qu’un travail sur la cohésion entre soldats. Les militaires ont ensuite été envoyés au Centre d’entraînement Abdoulaye Ngom de Thiaroye, où ils ont suivi des exercices consacrés notamment au combat en zone urbaine, au combat en forêt et à l’Instruction sur le Tir au Combat. Selon les informations rapportées par EnQuête+, le détachement est composé en majorité d’une compagnie du 4e bataillon d’infanterie, avec aussi des éléments venus d’autres corps des forces armées.
Après cette étape, les soldats ont poursuivi leur montée en puissance avec le module OPEX, centré sur des mises en situation comme l’escorte de convois, la sécurisation des autorités, l’installation de checkpoints et d’autres techniques de protection. Le commandant Touré a insisté sur le fait que les militaires sénégalais ne partent pas pour se substituer aux forces armées bissau-guinéennes, mais pour les appuyer dans leurs missions. Cette insistance prend un relief particulier dans un pays où la stabilisation sécuritaire reste étroitement liée aux équilibres politiques en reconstruction.
Sur le terrain, le détachement sénégalais doit mener des patrouilles conjointes avec les forces de défense et de sécurité de Guinée-Bissau ainsi qu’avec d’autres contingents de la CEDEAO, notamment ceux du Nigeria, du Ghana et de la Côte d’Ivoire. Le lieutenant-colonel Boubacar Touré a aussi indiqué que certaines missions particulières pourraient être confiées au contingent sénégalais par les autorités bissau-guinéennes, en coordination avec les responsables de la mission régionale.


