La campagne militaire israélienne au Sud-Liban a franchi une nouvelle étape meurtrière vendredi soir. Dans le cadre du conflit régional élargi, de récentes frappes nocturnes ont visé des infrastructures spécifiques, alourdissant un bilan humain déjà conséquent.
Le ministère libanais de la Santé publique a annoncé qu’un raid israélien a détruit un centre de santé situé dans le village de Burj Qalaouiyah, dans le district de Bint Jbeil. Cette attaque a coûté la vie à 12 professionnels de la santé, parmi lesquels des médecins, des infirmiers et des secouristes qui étaient de garde au moment de la frappe.
D’après les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, ce bilan reste provisoire. Les équipes de secours poursuivent les recherches dans les décombres pour retrouver d’éventuels disparus. Quelques heures plus tôt, une autre frappe avait ciblé un centre de secourisme dans le village de Souaneh, tuant deux paramédicaux et en blessant cinq autres. Les autorités libanaises ont fermement dénoncé ces destructions d’infrastructures médicales, qui contreviennent au droit international humanitaire.
Depuis la reprise des affrontements entre le Hezbollah et Israël le 2 mars dernier, consécutive à l’offensive américano-israélienne contre l’Iran débutée fin février, 18 secouristes figurent parmi les 773 personnes tuées au Liban. Les violences s’étendent également à d’autres localités, l’Agence nationale d’information libanaise (NNA) signalant la mort de quatre personnes dans un raid aérien sur Taamir Haret Saida.
En riposte, le Hezbollah a revendiqué 24 opérations militaires pour la seule journée de vendredi. Le groupe armé a notamment lancé des drones suicides contre les troupes israéliennes basées à Ya’ara, dans le nord d’Israël, et tiré des roquettes sur Kfar Kila et Khiam. Son dirigeant, Naim Qassem, a affirmé que son mouvement se préparait à une confrontation de longue durée.
Parallèlement, les représailles iraniennes se poursuivent. Tôt samedi, des salves de roquettes et de missiles ont visé la région de la Haute Galilée, dans le nord d’Israël, déclenchant les sirènes d’alerte dans plusieurs secteurs dont Manara, Metula et Kfar Yuval. Selon le correspondant d’Al Jazeera basé à Amman, l’Iran utilise de manière récurrente des missiles à sous-munitions. Ces armes dispersent de multiples petites bombes contenant chacune environ 2,5 kg d’explosifs, causant d’importants dégâts matériels au sol lorsqu’elles échappent au système de défense antiaérienne israélien. Cette dynamique de ripostes croisées s’inscrit dans un embrasement plus large, marqué ces dernières semaines par de multiples tirs interceptés à travers la région.


